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lundi 17 juillet 2017

Confessions d'un planqué - par Martin Winckler, pseudonyme de l'innommable Docteur Marc Zaffran


Ce n'était rien qu'un stérilet 
Mais il a préservé mon corps, 
Et dans mon ventre il flotte encore,
Etendard de ma liberté. 

Georgette Brassens - Chanson pour les soignant.e.s 



Ce midi, 17 juillet, sur les ondes de France Inter, au cours d'une émission sur la maltraitance médicale, une gynécologue française (je ne me rappelle pas son nom, mais c'était quelqu'un d'important, sûrement) aurait déclaré à mon sujet que j'étais un "planqué" qui "n'avait fait que des frottis et posé des stérilets" pendant toute sa carrière.

Cette déclaration publique (que je n'ai pas entendue, mais qu'on m'a rapportée via les réseaux sociaux) m'a touché en plein coeur. 

J'ai d'abord pensé me défendre en disant "Non, non, j'ai pas volé l'orangeje me suis contenté d'écouter les patientes..." Mais je vois à quel point ça serait pire : dire que je me suis souvent contenté d'écouter, ce serait reconnaître que je n'ai rien fait. Rien de rien. Car écouter, ce n'est pas un acte digne d'un médecin voué à la santé des femmes... 

Bref, ce serait admettre que je n'ai été, pendant toute ma carrière, qu'un abominable paresseux qui se tournait les pouces... 

Mais l'heure est venue. Je ne peux plus refuser de reconnaître mes fautes. Il est temps pour moi de faire face au jugement suprême. 

Car cette gynécologue (dont je ne me rappelle pas le nom mais de grande qualité, sûrement) a raison. Ses paroles ne sont pas de la diffamation mais la plus stricte vérité. 

Au fond de ma planque à Montréal, dans cette cabane sombre et humide où je pensais être à l'abri, je me sens aujourd'hui si mortifié que j'ai décidé de me confesser, une fois pour toutes, en espérant que mes fautes me seront pardonnées. A moitié, au moins, puisque c'est ça le tarif. 

Alors voilà. 

Mea Culpa. J'avoue. 

Pendant toute ma carrière, j'ai fait des frottis. Alors même que je n'étais pas obligé de les faire, puisque c'était une tache (pardon, une tâche) sacrée réservée aux gynécologues et que je n'étais qu'un misérable généraliste de campagne et de centre de planification (j'ai des frissons rien qu'en l'écrivant). 

J'en ai fait à toutes les femmes qui me le demandaient. Mais (crime supplémentaire) je n'en ai pas fait assez : je n'en ai pas fait tous les ans, ou deux fois par an comme certains gynécologues (très respectables, sûrement) le faisaient systématiquement aux adolescentes. Je n'en ai fait qu'à partir de 21, voire parfois 25 ans. Et seulement une fois tous les trois ans. Ce n'était pas seulement impardonnable (car je suivais en cela les recommandations britanniques et canadiennes, et non celles de notre Sainte-Mère l'Eglise Gynécologique de France) mais aussi une manifestation de paresse. Je n'étais pas encore planqué, mais je m'y préparais activement, en ne faisant pas déshabiller systématiquement les femmes qui se présentaient devant moi. 

Pire encore : je ne faisais pas de frottis (ni la gueule) aux femmes (de toutes confessions) qui préféraient ne pas se déshabiller devant un homme ; je confiais ce soin à l'une des rares internes-femmes qui commettaient l'erreur de pénétrer dans l'antichambre de l'enfer qu'était notre centre. Non content de commettre ces péchés, j'y entraînais des âmes innocentes. 

Et ce n'est pas tout. 

Mea Culpa. J'avoue. 

Pendant toute ma carrière, j'ai posé des stérilets. Beaucoup de stérilets. A beaucoup de femmes. De tous les âges et de toutes les origines. Pour tout dire, j'en ai posé à presque toutes les femmes qui me l'ont demandé ! (Oui, car presque toutes les femmes peuvent se faire poser ce dispositif diabolique !) 

J'en ai posé (Dieu me pardonne !) à des femmes sans enfant, qui avaient parfois 14 ou 15 ans et qui ne voulaient pas ou ne pouvaient pas prendre la pilule. 

Et non seulement j'ai posé des stérilets aux femmes sans enfant, mais je leur ai dit qu'elles n'avaient pas besoin de revenir tous les quatre matins vérifier que tout allait bien. Que si elles se sentaient bien, c'est que tout allait bien. Bref, qu'elles n'avaient pas besoin de moi ! Quelle infâmie que de laisser entendre à des âmes sans défense qu'elles n'ont pas besoin de médecin !!! 

Quelle hérésie ! Combien d'innocentes ai-je ainsi condamnées à la salpingite fulgurante, à la grossesse extra-utérine, à la perforation mortelle ? Je ne le sais. Je le saurai seulement le jour du jugement dernier, je pense. 

Et s'il n'y avait que ça ! 

Mea Culpa. J'avoue ! 

J'ai retiré des stérilets posés par d'autres médecins.
A des femmes qui disaient qu'on leur avait imposé un Mirena (hormonal) alors qu'elles auraient voulu un stérilet au cuivre, et qu'elles ne le supportaient pas -- et je les ai crues ! 

J'ai aussi (God Almighty !!!) posé des implants. Et retiré des implants posés par d'autres médecins (qui parfois condescendaient à en poser un à des femmes qui insistaient, en leur précisant que si elles voulaient le faire retirer, il fallait qu'elles se débrouillent). Et je les retirais dès que les femmes le demandaient ! Je faisais des "retraits de confort" !!! 

Quel misérable j'ai été d'être aussi anti-confraternel !!! 

Mais il y a pire. Bien pire. 

Mea Culpa. J'avoue. 

Pendant près de deux décennies, j'ai pratiqué des avortements. 

Certaines années, deux fois par semaine. Entre trois et cinq par vacation. J'en faisais même l'été, pour remplacer des confrères absents. J'ai pratiqué plus d'avortements que je n'ai posé de stérilets. Et parfois, en plus de ce geste innommable, quelques semaines plus tard je posais un stérilet ou un implant aux femmes que j'avais avortées ! 
A leur demande ! 

Pendant toute ma carrière j'ai reçu des femmes qui demandaient un avortement, et je ne les ai pas jugées. Je ne leur ai même pas suggéré qu'elles étaient de pauvres âmes égarées. Je n'ai pas fait peser sur elles la perspective de souffrir toute leur vie de remords, de culpabilité et de syndrome post-traumatique. Je ne leur ai pas dit qu'elles le regretteraient. Je ne leur ai pas dit qu'elles resteraient stériles. 

Pendant toute ma carrière criminelle (car plus personne ne pourrait la qualifier de médicale...), j'ai fait de mon mieux pour aider les femmes qui le désiraient à se faire ligaturer les trompes. A renier leur fertilité sacrée. A rejeter leur destin de mère. 

Plus grave encore : je leur ai délivré par tous les moyens - les livres, les journaux, la radio, la télé et surtout par l' ultime émanation satanique, l'internet - des informations pour leur permettre de parvenir à leurs fins. 

Et tout ça, sans être gynécologue. Sans avoir été adoubé par la Sainte Confrérie. 

Le pire, dans tout ça, le pire du pire de l'horreur, c'est que je ne regrette rien. 

Parce que bon, si j'étais membre de la Sainte Eglise Catholique et Médicale, je pourrais à la rigueur me dire que je vais rôtir dans les flammes éternelles de l'Enfer. Manque de pot, je suis né dans une famille juive (qui n'avait pas d'enfer, même dans sa bibliothèque) et je suis athée.
Alors, je m'en tape. 

(Damn ! On ne peut même pas me rayer du tableau de l'Ordre des médecins français : je ne paie plus ma cotisation depuis belle lurette...) 

Et par-dessus le marché, je vais vous dire, Madame la Gynécologue (dont j'ai oublié le nom mais peu importe, vous savez qui vous êtes), non seulement je ne regrette rien de tout ça, mais j'en suis fier. 

Même si je n'avais pas commis tous ces crimes, même si je n'avais fait que "poser des stérilets", j'en serais fier. 

Fier d'avoir posé des stérilets aux femmes de tous les âges qui le demandaient et à qui des "professionnels" (plus titrés et donc plus honorables que moi, certainement) l'avaient refusé. 

J'en suis fier, aujourd'hui comme hier. 

Et je vous emmerde.  


Martin Winckler, alias Marc Zaffran
(Citoyen, écrivant et néanmoins médecin)


39 commentaires:

  1. Au moins, ça, c'est dit et bien dit ! Vous avez raison. Quand va -t'on enseigner au médecins, l'écoute, la communication, le relationnel.... ? j'aime toujours autant vous lire. Bravo et continuez. françoise

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    1. misère combien de médecins ont le courage d'écouter ce que nous avons comme problèmes non,non c'est rien il ne faut pas se tracasser et vous repartez avec vos"merdes" c'est tellement rare un médecin qui écoute et qui veut bien parler. j'en avais un malheureusement il s'est suicidé suite à une récidive de cancer (cela on ne l'a su qu'après) et son "remplaçant" n'a pas voulu admettre que cela m'avait retourné ( non non c'est rien c'est la vie quoi.....) il y a trois ans de cela et c'est toujours pareil mais aller chez qui? odile

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  2. Un grand bravo à vous. Emmerdons la ensemble.

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  3. rhaaaaaaaaaaaaaaaa que j'aime vous lire !

    MERCI !

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  4. Delphine Hanneton17 juillet 2017 à 14:43

    Cette sotte (dont je n'ai rien entendu et je suis bien contente ma foi) m'a tout l'air de bien représenter ce que je connais de cette profession. Trop de mauvais traitements reçus de tous les gyneco que j'ai consultés, jamais une consultation sereine qui soit sans douleur. Par contre vous m'avez été d'un grand secours moral quand j'ai eu besoin de conseil et que je ne savais plus vers qui de compétent me tourner pour m'aider. LE combl : tout ça, sans même vous rencontrer. :D Merci encore.
    C'est désolant que de telles inepties soient encore audibles et que votre sain travail pour les femmes ne soient pas complètement reconnu et entièrement approuvé. Cela prouverait qu'enfin, on a évolué.
    Bon courage contre ces imbéciles.

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  5. Que dire... je suis une fan inconditionnelle ! Alors forcément je ne pourrais que dire que vous avez raison, que vous êtes formidable, et que cette madame est une tanche !!! Sans doute même une grosse tanche !
    La vérité c'est que quand je dois informer sur des forums d'ados ou sur des forums de maman sur la contraception et autre problemes de sexualité (chacun sa croix, et vous ne pouvez pas tout faire hein?), ma "bible", ma source de toutes les sources, le berceau de la connaissance que j'utilise ce sont vos œuvres, vos articles. Toujours sourcés et qui me permettent soit d'avoir directement une réponse, soit de savoir ou la trouver. Je n'informe pas avec les articles de Madame la Tanche, mais avec les vôtres. Et chaque femme que j'arrive a aider en l'écoutant et en lui donnant des informations sur sa contraception qui soient objectives et fiables et qui revient ravie parce qu'elle a été écoutée, chacune de ces femmes c'est aussi un peu vous qui l'avez aidé. Des tanches il y en a plein, j'en ai connu mon lot en France, et bien moins en Hongrie, parce que ici ils sont formés a l'écoute ! Mais je crois qu'en la matière il vaut mieux être un planqué qu'une tanche !!! Mais bon, après, je ne suis qu'une fan inconditionnelle ! Katia de Budapest !

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  6. Et ben dis donc ... et en plus tu n'as même pas honte ! Et je parie que tu ne recevais pas les labos, que tu payais tes formations ! Quel scandale ! Dieu merci pour les gens bien intentionnés, tu n'es plus là pour leur donner bonne conscience ! Signé Franck qui a passé un bon moment avec ce petit texte !

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  7. moi je l'ai écouté. et j'ai trouvé très étonnant qu'elle vous reproche de ne plus exercer depuis des années, et de n'avoir fait que "poser des stérilets" alors qu'elle a elle-même choisi de se planquer derrière ses appareils échographiques.
    j'ai été tellement déçue de l'entendre parler, en proie à ses généralités, ses émotions, son discours l'a vraiment desservie, soyez rassurés (si tant est que vous ayez besoin de l'être). Déçue parce que, par ailleurs cette femme fait à sa façon un boulot important pour faire avancer la recherche en matière de "santé sexuelle de la femme" comme elle le désigne. mais bon, il semble que son féminisme ne soit pas alimenté par les mêmes valeurs que vous et c'est bien dommage pour elle.
    merci pour ce que vous faites cher monsieur, mais surtout pour tout ce que vous ne faites pas.
    Virginie Grain d'Amour.

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    1. Je plussoie ce commentaire ! je viens d'écouter l'émission et même en essayant de ne pas avoir de parti pris, tout ce qu'elle a présenté est une position où elle n'a pas encore décidé d'écouter les personnes qui en souffrent.

      Elle parle beaucoup des souffrances et du stress et de la surchage de travail du personnel médical (internes inclus) et c'est dommage à mon sens qu'elle n'aille pas un peu plus loin, mais je suppose qu'au bout d'un moment on ne peut que faire des burn out dans ce genre de métiers et sa propre détresse (que j'ai fort ressentie) fait perdre totalement la vue d'ensemble.

      je ne vais pas l'en blâmer, ça nous arrive à tou-te-s et c'est pas évident d'être humain !

      en tous les cas, en l'écoutant, j'ai été triste pour elle et pour toutes les personnes qui soignent ou devraient le faire qui sont dans cet esprit là..

      Martin Winckler (dont le VRAI nom a été donné par cette dame - comme s'il était caché et donc que c'était de la triche, une chose en plus qui doit être péché je suppose) merci pour tout le travail accompli, je vous lis depuis... au moins 15 ans et j'ai appris bien des choses ! avec qui j'en ai parlé avec les divers gynécologues que j'ai vus (hommes ou femmes et quasiment TOU-TE-S vous ont diabolisé.. ce qui était pour moi un bon critère de sélection supplémentaire au fait de continuer de les consulter ou non)

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  8. Hahaha! J'ai entendu l'émission (en partie seulement, car pendant ma tournée de visites; je suis sage-femme libérale), et j'ai encore une fois été choquée par les propos de Madame B., dont je tairai le nom mais qui se reconnaîtra: elle a l'air d'aimer se reconnaître.
    Elle a dit en fin d'émission son contentement à avoir changé d'avis en cours d'émission et évolué favorablement en cours de carrière, avouant volontiers avoir été maltraitante en cours de carrière, mais c'était avant...
    Je lui souhaite de continuer cette belle transmutation et de peut-être parvenir un jour à apprécier collègues sages-femmes et médecins qui ne lui font aucune ombre en apportant de l'eau au moulin de la prise de conscience et de l'intégration.
    Et longue vie aux paresseux et paresseuses!

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  9. Allez ça ira pour cette fois...
    Et surtout, RECOMMENCEZ !

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  10. Finalement en prenant la position d'écouter les femmes et les couples, je me suis souvent demandé si je préférais être sage femme ou psycho...je n'ai jamais fini par répondre mais j'ai continué ce chemein qui permettait à chacune d'inventer sa solution Unique, personnelle en matière de sexualité, de contraception et avec la psychanalyse comme soutien, je continue de penser qu'il n'y a pas dUniversel pour savoir ce "que veut une femme", et " qui est la femme". N'en déplaise à Odile qui s'attaque aux sages femmes http://10lunes.canalblog.com/archives/2013/04/08/26788434.html et maintenant aux "modestes généralistes" planqués (!!), les femmes ne l'ont pas attendu pour inventer leur façon de vivre leur sexualité. Si elle et Monsieur Foldès ont ouvert l'espace de la compréhension technique et physique et de la réparation ( très important pour les mutilations génitales) il lui reste a améliorer ses techniques de communication et ce petit démon intérieur qui la rend agressive contre tout ce qui se présente qui n'est son "moi, moi, moi...!" Gy né Co. Née quoi ? Cordialement à vous !!

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  11. Moi aussi, j'ai écouté l'émission. Il me semble important de préciser quelques points:
    primo, que cette gynécologue (qui pratique exclusivement l'échographie) était envoyée par le Syngof (syndicat des gynéco-obstétriciens), le "Pr" Nisand ayant finalement décidé de ne pas débattre avec M.H. Lahaye et le Dr Dupagne.
    deuxio, que ce n'est pas elle qui vous a cité (elle n'allait pas tendre le bâton) mais la journaliste de France Inter et par là, ce qui a été selon moi mis en évidence, c'est que vous nous représentez, nous patient.e.s (au moins pour la journaliste mais aussi pour moi) et ce en opposition à vos confrères (dans confrères, il n'y a pas que frères) qui ne vous pardonnent pas Les Brutes en blancs ni peut-être d'ailleurs Le choeur des femmes.
    tertio, qu'elle a cherché à écarter votre nom (et ce que vous représentez) du débat, essayant d'entacher votre pratique médicale d'une forme d'amateurisme et montrant à la journaliste qu'elle aurait mieux fait de ne pas vous citer
    quarto, qu'elle a immédiatement fait de même avec M. H. Lahaye en rappelant qu'elle n'était pas médecin et que donc, elle ne pouvait pas savoir de quoi elle parlait (ah, les sachants...). Ce à quoi le Dr Dupagne a (fort bien) répondu un peu plus tard en précisant qu'on n'avait pas besoin d'être médecin pour être légitime à dire qu'on s'est senti.e maltraité.e.
    Pour finir (parce que quinto, ça fait bizarre, non?), le Dr Dupagne a là aussi fort bien précisé qu'il n'y avait peut-être pas forcément plus de maltraitance mais que le seuil de tolérance à la maltraitance s'était, lui, abaissé. Et ça, c'est bien vous qui y avez considérablement contribué.
    Alors, merci! Et moi aussi, je l'emmerde.

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  12. Bon... je crois que j'ai bien compris que les ex-votos, c'est pas franchement votre tasse de thé. Alors je vous envoie juste un "merci".

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  13. bravo!!! Votre texte me touche, je me sens moins seule, merci! votre pratique est sprirituelle au sens où elle sert la vie dans toute sa diversité! On ne peut pas mettre les humain-e-s que dans des cases, une compréhension plus profonde et individuelle est indispensable aux relations. Le refuser par peur de perdre le controle (mais que vont dire les collègues? et si elle ne revient pas? et si elle est enceinte après le retrait du DIU? etc..) c'est être déjà mort-e et un-e tyran. Cela aurait pu être moi, cette soignante tyran, c'est un travail de tout les instants que de ne pas l'être, de gérer mes peurs, il m'arrive de me laisser prendre dans le jeu du controle, pas très souvent, de moins en mois mais cela peut m'arriver alors je prends du recul je lache et j'avance dans cette voie/voix avec la patient-e-s (merci à elles, en faisant de mon mieux pour les accompagner, c'est elles qui m'apprennent). Aujourd'hui vous vous ètes a nouveau situé dans ce courrier, en vous lisant, je me dis que moi aussi cela m'aide à me situer en tant que soignante, parce que (comme vous peut etre et d'autres) j'ai accepté de parfois me perdre dans les méandres de la vie, d'accepter ce qu'il y a en face de moi, un-e patiente, libre et complexe, une personne dans son chemin propre. Merci

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  14. Belle reponse ! Bravo ! Ça ne mérite pas plus !

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  15. Puis-je vous dire ... merci Monsieur

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  16. Manquerait plus qu'il ait vacciné des gens, et ce serait la potence direct!

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  17. Merci pour vos livres et oui j'ai entendu le débat sur France inter ... mais cette dame était la seule de son opinion à défendre le droit des médecins à ne pas toujours être bientraitants à l'égard des femmes qui accouchent ... Cdlt

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  18. Bravo, bravo pour ce message, pour votre pratique. Merci de nous écouter réellement nous les femmes, merci de nous aider et nous accompagner dans nos choix, dans le respect, sans rien nous imposer contrairement a nombreux de vos ''confreres''!!!

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  19. Cher Marc, j'ai travaillé 10 ans en tant que sage femme en France dont 5 ans en libéral et vos livres étaient mes livres de chevet (romans) ou mes références au cabinet (contraception notamment).
    Mais bien sûr, vous n'avez rien fait de vos 10 doigts! Pfff...
    Et bien moi j'ai décidé d'arrêter de travailler comme sage femme parce que je n'avais pas la force de partir à l'étranger travailler. Parce que travailler en France sous la pression et les obligations hiérarchiques c'est pas OK pour moi.
    J'ai repris ma liberté en changeant de métier, en quittant le milieu médical hostile.
    Je pense à toutes ces femmes qui comptaient sur moi... et j'ai veiller avant de partir à former des collègues.
    Mais... Je continue d'entendre les femmes raconter leurs colères, leurs frustrations, leurs tristesses. Leurs consultations ou leurs accouchements qui n'ont pas été respectés.
    Et je pense à vous Marc. Et à votre courage. D'avoir continué toujours et encore.
    Mais surtout surtout d'avoir eu le courage de prendre la plume.
    Merci à vous.
    Mille merci.

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  20. J'adore cet article(et la plupart des commentaires.)Judicieux, bidonnant, et susceptible de faire bouger les choses. Je pourrais vous en raconter sur cette nécessité impérative : ancienne professionnelle, je regrette tous les jours, pour moi et pour tous les gens que j'ai côtoyés, que les études médicales à mon époque (mais aussi de nos jours, j'en ai bien peur...), ignorent tout de la CNV et de la nécessité d'améliorer nos comportements dans le sens de la bienveillance systématique.

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  21. Merci pour cette belle réponse. J'ai bondi dans mon siège en entendant les propos de cette femme et médecin.
    Une femme assez folle pour avoir voulu accoucher chez elle...

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  22. Un commentaire de plus après tout ça... Est-ce la peine ? Oui, car nous sommes nombreu.xe.s et il faut nous montrer ! Merci pour tout, Dr Zaffran, Martin Winckler. Je vous ai lu, écouté, suivi sur votre blog pendant des années. Comme un tas de femmes (plus ou moins patientes :) j'ai été réconfortée par votre vision des patient.e.s et du métier, et j'ai regretté de n'avoir rencontré aucun.e médecin, je dis bien AUCUN.E (et j'ai 69 ans, 3 enfants, 2 IVG et une hystérectomie récente, c'est dire si j'ai fréquenté la gent médicale) qui pratique selon votre approche, et je me suis vraiment bien marrée en lisant votre "confession", qu'une copine m'a signalée en me fournissant aussi votre lien. Mais comment diable faire essaimer cette pratique-là, cette philosophie, cette approche ? Ca peut pas se perdre, tout ça...

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  23. Oh,merci d'être là et de traduire si souvent mes pensées dans l'accompagnement des femmes.
    Vous écrivez ce que je ne saurais dire et vous en suis reconnaissante. Vous m'avez si souvent rassurée dans l'exercice de mon art. Femme et sage-femme rebelle, pas toujours simple , mais je n'étais pas seule.
    Merci,merci,merci.

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  24. Désolé Marc de ne pas avoir pu te défendre mais je n'avais pas la parole au bon moment. De toute façon, une défense était inutile tant l'attaque était ridicule et discréditait avant tout son auteure.

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    1. Pas de problème, Dominique. Tu vois, j'arrive à répliquer. Vive l'internet. :-)

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  25. Merci. Ça fait un bien fou de savoir que des personnes comme vous existent et défendent ces points de vues.

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  26. ce débat du 17.7.17 a eu le mérite d'exister mais en effet, que de sorties de route, que de violence...et total, on n'a pas tellement avancé pour les femmes. Néanmoins, on va tenter de ne pas se désespérer, continuer d' échanger, de construire sans s'insulter. ça ira mieux pour tout le monde, les mères, les pères et leurs bébés en premier ! Haut les coeurs !!!

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  27. En résumé vous avez fait votre travail de médecin, celui qui écoute et qui trouve des solutions adaptées à chaque patiente et les met en pratique de façon à résoudre le problème. Bravo!

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  28. Merci mille fois pour tout ce que vous avez fait.

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  29. Merci mille fois pour tout.

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  30. Merci de vous être "planqué" avec autant de compassion...
    Mme Buisson (suis je vraiment obligée de dire Dr ?) est bouffie d'arrogance et de suffisance.

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  31. Chacun de vos mots depuis la Maladie de Sachs me touche et me parle, me révolte et m'anime... Merci.

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  32. Martin, Martin, le bloggeur / écrivain / buzzer/ agitateur #ex-médecin 2.0, mais avec toujours ce petit péché d’orgueil… euh oui, je suis catho. De culture. Excommunié, car rassure toi, moi aussi j’ai pratiqué des IVG… beaucoup.
    Mais dis-moi, comme tu es le médecin parfait, toujours à l’écoute, jamais pressé, toujours bienveillant, adoré des patients (avec le fan club que tu as, ça me parait évident), qui fait des ordonnances uniquement quand il faut, en DCI, qui ne fait jamais un examen sans consentement écrit,… bref comme tu es un modèle, une question me brûle les lèvres : pourquoi es-tu parti ? Pourquoi nous as-tu abandonné ? Reviens t’installer ! Tu es une star. Tu as tellement de bons conseils à donner, mets les en pratique et puis enseigne les aussi. Tu sais qu’il y a des généralistes enseignants maintenant ?
    Pourquoi es-tu parti ?
    C’était trop dur ? Oui, c’est vrai que c’est dur de faire des IVG. Le geste n’est pas facile. On peut déchirer l’utérus, ça peut saigner… Au fait, en PMI , tu n’avais pas eu de complication en faisant des IVG, bien sûr, tu es parfait. Mais si tu en avais eu une, tu aurais appelé qui ? Un de ces gynécos maltraitants ? Le geste, il n’est pas facile. Mais surtout psychologiquement c’est dur. Tu les as vus passer, toi aussi les petits bouts de membres dans la canule ? Aïe, ça doit être maltraitant de dire ça, non ? Pardonne-moi.
    Reviens, Martin, nous montrer la voie. Sinon ça nous donnerais presque l’impression que tu es comme ces commentateurs sportifs de la télé, qui causent, qui critiquent, qui savent mieux que les joueurs, ces empotés. Viens jouer avec nous, Martin, c’est plus dur que d’écrire des bouquins. C’est moins facile que de s’agiter pour faire du buzz et vendre ses bouquins.

    @DocGyneco

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    1. Je pense que tu confonds deux choses, cher Anonyme : dire ce qu'on pense et "montrer la voie". Si j'avais voulu "montrer la voie", j'aurais fait de la politique et cherché à me faire élire quelque part. C'est juste pas mon genre. Je préfère écrire. L'avantage c'est que personne n'est obligé d'acheter mes livres, alors qu'il est difficile d'échapper aux discours des politiciens.

      Et en ce qui concerne la difficulté à faire des IVG et des "petits bouts de membres dans la canule", j'ai commencé à en parler en 1989 dans "La Vacation". Tu étais où, à ce moment-là ?

      Et j'ai continué à faire des IVG jusqu'au début des années 2000, peu avant de quitter la France. Alors, tu vois, j'ai fait des IVG et des consultations ET écrit des bouquins en même temps. Paresseusement.

      Cela étant, je ne crois pas que "jouer" est le bon terme pour parler de soin ou d'IVG, alors non merci, je n'irai pas "jouer" avec toi.

      Quant aux raisons pour lesquelles je suis parti, j'ai déjà beaucoup écrit sur le sujet. Mais je ne vais pas te renvoyer à ce que j'ai écrit. Je m'en voudrais de te faire perdre ton temps. Lire, c'est tellement inutile.

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