mercredi 4 août 2010

Pourquoi je publie chez P.O.L



Paul Otchakovsky-Laurens ne se contente pas de publier des écrivains dont il aime les livres. Il a fait aussi deux films. Le deuxième vient de sortir. 
Voici sa bande annonce : 


Film Annonce Editeur, un film de Paul Otchakovsky-Laurens from Norte Productions on Vimeo.




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En 1978 (je suis étudiant en médecine mais j'écris depuis longtemps), je tombe dans un roman-puzzle fascinant, La Vie mode d'emploi. Je le dévore plusieurs fois, et je me mets à lire tout ce que son auteur, Georges Perec, avait écrit à ce jour et publie par la suite. W ou le souvenir d'enfance, Espèces d'espaces et Je me souviens, prennent bientôt dans mon panthéon intérieur une place aussi importante que La Vie... Et j'associe intimement Georges Perec à son éditeur, Paul Otchakovsky-Laurens, dont les initiales figurent dans le logo de la collection Hachette-POL.

 Un jour, je lis dans un numéro de la revue "L'Arc", qui lui est entièrement consacré, un entretien dans lequel G.P. déclare (je le cite de mémoire) : "Je pensais que je ne pourrais jamais être écrivain parce que je préférais lire Agatha Christie plutôt que Roger Martin du Gard, et quand j'ai appris que Le Quatuor d'Alexandrie de Lawrence Durrell était inspiré par la théorie de la relativité, ça m'a foutu une pétoche pas possible." En lisant ça, je me suis dit : "Ce type est un type bien." Et j'ai eu envie de l'embrasser. Car, parce que j'avais surtout lu Agatha Christie et Conan Doyle et Maurice Leblanc et Isaac Asimov, j'étais persuadé que je n'avais pas le droit d'être écrivain.

Ainsi déculpabilisé, je m'auto-proclame "disciple" symbolique de Georges Perec et je me mets à écrire dans son sillage. Quand il disparaît brusquement, en 1982, je suis anéanti. Cette disparition, que j'apprends de manière stupide (à la radio, en trois secondes, alors que je rince une boîte de champignons), déclenche l'écriture d'un grand roman, Les Cahiers Marcoeur et me "travaille" beaucoup.

 En 1983, année où je commence à exercer la médecine et, simultanément, à écrire dans une revue médicale, des papiers "sentis" sur le métier de généraliste, Paul Otchakovsky-Laurens quitte Hachette et crée sa propre maison, P.O.L. Il prend pour sigle une figure du jeu de Go, le "Ko" (ou Eternité), qui figure dans un des chapitres "Escaliers" de La Vie mode d'emploi. Je repère immédiatement l'hommage et, pris d'un sentiment mêlé de gratitude, de reconnaissance, de complicité et de réparation, j'envoie à Paul Otchakovsky-Laurens une lettre manuscrite pour lui dire en substance "Moi qui ne suis qu'un lecteur lambda, j'ai été touché que vous rendiez hommage ainsi à GP qui était très important pour moi." Je lui demande s'il sait quand (et si) le roman inachevé de GP, 53 jours, sera publié. Et je signe : Marc Zaffran. Paul O.-L. me répond dans la semaine, très chaleureux, très ému lui aussi, il me dit que la publication de 53 Jours prendra du temps mais que tout le monde y travaille. Je garde sa lettre soigneusement, je peux même dire religieusement. (Je l'ai toujours, bien sûr...)

 Cinq ans et un certain nombre d'événements personnels plus tard, inspiré par mon activité dans un centre d'IVG, j'écris un roman intitulé La Vacation et je me demande à qui l'envoyer. Comme je le fais pour presque tout, j'explore les possibilités avant de me lancer (je devais d'ailleurs les avoir explorées depuis un certain temps, mais ça se télescope dans ma mémoire). Je décide, après avoir lu l'annuaire d'une association d'écrivains, le CALCRE (Comité des Auteurs en Lutte contre le Racket de l'Edition !!!) que l'attitude la plus raisonnable consiste, comme ils le conseillent, à envoyer un petit nombre de manuscrits, à quelques éditeurs qui publient des livres et auteurs que j'aime et apprécie, et à de petits éditeurs, qui sont toujours en recherche de nouveaux auteurs. Je fais une courte liste : Le Seuil (Collection "Fiction et Cie"), Maurice Nadeau (qui avait publié Perec), Minuit (bien sûr...) et deux petites maisons (Arléa et Alinéa). Je fais cinq enveloppes, et je me prépare à les poster.

 Un week-end (un samedi et un dimanche après-midi, si je me souviens bien), France Culture diffuse deux émissions de quatre heures, "Le bon plaisir..." dont l'invité est Paul Otchakovsky-Laurens. Comme je lis déjà chaque article où il est question de lui, je suis impatient de l'entendre parler. J'enregistre l'émission sur cassettes pour pouvoir l'écouter dans ma voiture. Le lundi suivant, je pose mes cinq enveloppes sur le siège du passager dans ma voiture et je me rends à mon cabinet médical. La poste est sur mon chemin. Avant de démarrer, j'insère la cassette de la première émission et, avant même le générique de présentation, j'entends Paul O.-L. répondre à deux questions de Jean Daive (poète et écrivain, producteur de l'émission) : "Qu'est-ce qu'un écrivain ?" Paul O.-L. : "C'est quelqu'un qui permet à la langue de ne pas mourir." Daive : "Qu'"est-ce qu'un éditeur ?" Paul : "C'est quelqu'un qui présente des écrivains aux lecteurs..." Et je me dis : "Le Maurice Nadeau, le découvreur d'écrivains d'aujourd'hui, c'est lui." (Pour celles et ceux qui ne sont pas familiers du travail éditorial de Maurice Nadeau, précisons que c'est lui qui publia, entre autres, Extension du domaine de la lutte, le premier roman très remarqué de Michel Houellebecq.)

Je poste les quatre premières enveloppes et, le jour-même ou le lendemain, j'en fais une à l'adresse des éditions P.O.L. J'accompagne mon texte d'une lettre manuscrite, que je signe "Martin Winckler", pseudo que je me suis choisi depuis quelques années en hommage à G.P. C'est une simple lettre de présentation. Je ne lui rappelle pas l'échange de 1983. Je ne parle pas de Perec. Le roman, lui, y fait allusion (dans un chapitre sarcastique, Bruno Sachs fantasme de publier son livre sept ans après la mort d'un écrivain qui l'a beaucoup marqué, et chez le même éditeur... ). J'envoie ma dernière enveloppe et j'attends.

Quinze jours ou trois semaines passent. Bref, j'attends, et je me dis "Bon, de toute manière je ne serai jamais écrivain, le truc que j'ai écrit n'a pas grande valeur, autant que je me fasse une raison." Un soir, je rentre chez moi (j'habitais une fermette isolée à quelques kilomètres de mon cabinet) et je me dis : 'Peut-être qu'un jour je rentrerai et qu'il y aura une lettre me disant "Nous avons le regret..." Et là, j'ai un pied hors de la voiture, et mon épouse d'alors sort sur le pas de la porte et me dit : "Tu as reçu un coup de téléphone de Monsieur Paul Otchakovsky-Laurens, des éditions POL" Et je lui réponds, de mauvaise humeur  : "C'est pas gentil de te moquer de moi". Et elle "Mais non mais non, c'est vrai." Et moi "Qu'est-ce qu'il a dit ?" Elle :  Il a demandé quand il pouvait te joindre, j'ai dit qu'il te rappelle demain matin très tôt, à 7h30."

Or, nous avions deux lignes téléphoniques, une ligne qui figurait dans l'annuaire, pour les patients, et l'autre qui était sur liste rouge pour la famille. J'avais indiqué la ligne "privée" dans ma lettre signée "Martin Winckler". Cette nuit-là je ne dors pas. Le lendemain, à 7 h 30 la ligne privée sonne, je réponds et j'entends : "Est-ce que je pourrais parler au Docteur Zaffran ?" Et moi (étonné, puisque c'est la ligne privée) : "C'est moi..." Lui : "Ici Paul Otchakovsky-Laurens..." Moi : "Ah, ça mais comment... Je vous ai pas donné mon nom dans la lettre !"

 Et il me raconte : "D'abord, je voudrais que vous m'excusiez (!!!!) J'ai mis du temps à vous répondre parce que vous m'avez envoyé votre roman à notre ancienne adresse, on a déménagé, sinon, je vous aurais appelé plus tôt, parce que voyez-vous j'ai lu votre manuscrit dès que je l'ai reçu – avec un pseudonyme comme "Martin Winckler", qui fait référence à Perec, forcément, ça a attiré mon attention - et je l'ai lu d'un trait et en arrivant au passage (vers la fin) où Bruno imagine qu'il recontre l'éditeur de l'écrivain qu'il admirait, je me suis souvenu de vous. J'avais gardé votre lettre, celle que vous m'avez écrite il y a cinq ans. Je me suis souvenu que vous étiez médecin. Je me suis dit : c'est le même homme. J'ai retrouvé votre lettre, j'ai comparé l'écriture, j'ai compris qui vous étiez... Voilà."

(Grand silence.)

"Alors, dit-il, j'aimerais vous rencontrer parce que j'aime beaucoup votre manuscrit, mais prendre la décision de publier un livre, c'est difficile, et j'aime rencontrer les écrivains avant de prendre une décision..." Et moi "Bien sûr, quand vous voulez, mais oui, tout de suite !" (ou quelque chose d'équivalent). J'entends bien sa réserve mais à aucun moment je n'ai le sentiment qu'il veut d'abord voir ma tête pour savoir s'il me publie, c'est autre chose. Aujourd'hui, je pense, très simplement, et je peux dire que je sais : il n'aime pas seulement publier les livres qu'il "aurait voulu écrire" (comme je l'ai entendu dire de sa bouche), mais il aime publier des écrivains, et leur offrir son amitié. Il n'oublie jamais qu'il a affaire à des personnes.

 Il ajoute, un peu inquiet : " A qui avez-vous envoyé votre manuscrit ?" Je lui donne le nom des autres éditeurs.
 - Si Jérôme Lindon (fondateur des éditions de Minuit) vous appelle, vous voudrez bien en parler avec moi avant de lui donner une réponse ?
- Non, si Jérôme Lindon m'appelle, je lui dirai que c'est vous qui le publiez !"

La réponse m'est venue comme ça. Il faut préciser qu'à l'époque, P.O.L est une petite maison, qui n'a que cinq ans d'âge et n'a pas encore à son palmarès tous les succès de librairie et la réputation  qu'elle a aujourd'hui parmi les lecteurs – ou qu'avait, par exemple, Minuit à l'époque. L'auteur P.O.L le plus connu en 1988 est René Belletto : Sur la terre comme au ciel (1982) a été adapté par Michel Deville au cinéma en 1985 sous le titre de Péril en la demeure ; L'Enfer a remporté le Prix Fémina en 1986. Du point de vue de la "notoriété" littéraire (me fait remarquer mon épouse d'alors, très attachée à ce genre de détail) il serait bien plus valorisant de paraître sous couverture Minuit que sous couverture P.O.L. Mais je m'en fous complètement. Tout ce que Paul O.-L. venait de me dire (et aujourd'hui, je me souviens de ce que je vous ai décrit ci-dessus, pas d'une seule des choses positives qu'il m'a certainement dites au sujet de mon manuscrit) m'a fait penser : " Alors que je ne voulais pas jouer sur la "complicité" de la lettre que j'avais écrite cinq ans plus tôt, il m'a percé à jour, et il aime mon livre. Si c'est pas un signe, je veux bien être pendu ! Je ne veux pas être publié par quelqu'un d'autre que cet homme-là. "

(Plusieurs mois plus tard, quand je me suis rappelé cette conversation, je me suis dit en riant : "D'ailleurs Jéröme Lindon n'appela pas...")

 Le sentiment de compréhension et de reconnaissance mutuelle se poursuit le jour où je vais le voir dans les locaux de la Villa d'Alésia que P.O.L occupait à l'époque. Je revois Paul posant la main sur mon manuscrit et me dire : "Je le publie sans que vous changiez une virgule" (J'en ai changé quelques-unes tout de même, faut pas déconner...) "mais je voulais vous dire, et j'espère que vous n'allez pas le prendre mal, que je l'ai lu comme un roman d'Agatha Christie." Je l'aurais embrassé. Ce qu'il me disait, il ne le savait pas, résonnait profondément en écho à ce que j'avais lu sous la plume de Georges Perec, quelques années plus tôt, et qui m'avait libéré et "autorisé" à écrire. J'ai surtout lu de la littérature populaire. C'est elle qui m'a "fait". Je suis heureux qu'on me lise comme on lirait un auteur de littérature populaire.

 Cette réception de mon manuscrit, et de ma personne, par Paul, n'était pas dans mon esprit un "accomplissement". Plutôt un début. Aussi curieux que ça puisse paraître, il m'a fallu encore longtemps (bien après La maladie de Sachs) pour oser dire que j'étais écrivain. J'avais beau avoir été publié par lui, je ne me sentais pas encore "digne" des écrivains qui portaient le "Ko", que je lisais et qui, à mes yeux, avaient beaucoup plus de valeur que moi.

 La Vacation a été publié en mars 1989, sept ans après la disparition de Georges Perec. La même année, P.O.L publie 53 Jours, roman inachevé de G.P., reconstitué par Harry Mathews et Jacques Roubaud. La publication de mon roman n'était pas de la complaisance sentimentale de la part de Paul : l'année d'après, je lui ai apporté Les Cahiers Marcoeur, que j'avais enfin terminé, et il l'a refusé, avec délicatesse, en m'expliquant pourquoi, et en faisant tout ce qu'il pouvait pour que je ne me sente pas découragé. (Et j'avais des raisons de l'être : c'était un roman du grand Tout, un roman-deuil, plus gros encore que Le Choeur des Femmes, et je bossais dessus depuis presque dix ans). Je sais qu'il a bien fait de le refuser, car ce livre n'était pas suffisamment achevé pour que Paul et P.O.L le publient.

Mais  je sais aussi que, pendant les neuf années qui ont suivi, je n'ai jamais entendu Paul me traiter autrement que comme un écrivain de la maison. Avec amitié et respect. Sans cela, je ne crois pas que j'aurais eu la force, pendant cinq ans, chapitre après chapitre, d'écrire La Maladie de Sachs. Je savais que quelqu'un attendait mon livre. Je n'étais pas sûr qu'il serait suffissamment achevé pour être publié, mais je savais qu'il était attendu, et qu'il serait lu. Et depuis, chaque fois que j'écris un livre qui me tient à coeur et qui sort du néant, j'écris toujours dans cette perspective : Paul l'attend, et il le lira.

 Entre mes deux romans, j'ai beaucoup traduit, et en particulier deux livres et demi pour P.O.L : La maîtresse de Wittgenstein de David Markson, Le Journaliste de Harry Mathews, et la moitié d'un recueil de Harry intitulé Cuisine de Pays. Pour ce recueil (qui chronologiquement, fut ma première traduction pour P.O.L), Paul et Harry m'ont fait traduire, à titre d'essai, un texte intitulé "Abanika, Traditore" … qui avait été traduit, une première fois, dix ans plus tôt, par... Georges Perec, pour le fameux numéro de "L'Arc" dont je parlais plus haut (réédité en volume chez Hachette Littérature). Harry Mathews était un ami intime de Georges Perec, qui a traduit avec lui Les verts champs de moutarde de l'Afghanistan (Tlooth) et Le naufrage du Stade Odradek (The Sinking of the Odradek Stadion). Mathews et Perec, un jour, ont rédigé ensemble, d'enthousiasme, une déclaration affirmant qu'ils ne changeraient jamais d'éditeur et publieraient toujours chez Paul.

 Depuis vingt ans, j'ai publié beaucoup de livres, pas tous chez P.O.L. Mais tous mes livres de littérature, ceux que j'écris par nécessité intérieure  – et non pour gagner ma vie – sont publiés par P.O.L. Certains ont rencontré beaucoup de succès, d'autres beaucoup moins, mais je suis fier de chaque virgule imprimée sous cette couverture blanche. (Je suis très fier des parenthèses, aussi...) Je ne me vois pas publier chez quelqu'un d'autre.

Paul ne m'a jamais "pressé" de lui remettre un livre. Quand je l'ai fait attendre neuf ans, il a attendu neuf ans. Quand j'ai recontré un succès phénoménal il m'a dit "Ne vous sentez pas obligé d'écrire "Sachs, le retour", parce qu'on l'attend de vous. Ecrivez ce que VOUS voulez écrire." Chaque fois que j'ai eu un doute sur le livre suivant que je voulais écrire, il m'a invité à aller déjeuner avec lui et m'a demandé de lui décrire ce sur quoi je travaillais et, en parlant avec lui, j'ai compris où j'allais. Paul fait de l'édition personnalisée. Il aime accompagner les écrivains. Il aime les relations d'amitiés. Et, même si son influence a grandi avec les années, ce n'est pas du tout un homme de pouvoir. Bref, c'est quelqu'un pour des écrivains comme moi, qui ne sont pas sûrs d'eux, qui se demandent toujours où ils vont, et qui aiment qu'on les écoute sans les juger.

 Je passe chez P.O.L quand je veux, je suis toujours bien accueilli, on me demande de mes nouvelles, on me donne celles de la maison, Paul me dit "Je vais publier un (ou deux) premiers romans sen-sa-tion-nels (il dit toujours des romans qu'il publie qu'ils sont sensationnels...), lui ou Jean-Paul, ancien libraire devenu éditeur et ange gardien des écrivains P.O.L me montrent les bouquins qui viennent d'arriver en me disant "Il faut lire ça" et je repars avec mon sac qui déborde. Je sais qu'il en va de même pour tous les écrivains de la maison. Chez P.O.L, les écrivains sont chez eux.

 Ce que je vais écrire à présent, je l'écris en sachant que ça va sûrement le faire rougir de confusion, mais je tiens à l'écrire pour qu'il puisse le lire, je ne veux pas courir le risque de disparaître (ou, à Dieu ne plaise, de le voir disparaître) sans l'avoir écrit une fois pour toute : Paul est un homme exceptionnel. En tous points. Editorialement et humainement. Il est courageux, engagé, fidèle à lui-même et aux écrivains qu'il publie, loyal en toutes circonstances et il faut le blesser profondément pour qu'il envisage de rompre.

Chaque fois que j'ai entendu parler d'une "brouille" entre Paul et l'un de ses écrivains (et j'ai entendu ça... trois fois en vingt ans), ce n'était jamais un "différent littéraire" qui en était la cause, mais la rupture de la relation d'amitié. Mais Paul n'est pas un ami qui publie ses amis. C'est un éditeur, qui publie des écrivains qu'il estime et des livres qu'il aime et qui, lorsque les écrivains le veulent, se lie d'amitié avec eux. 

Aujourd'hui, je suis heureux et fier de pouvoir écrire en sachant que, comme nombre d'écrivains que j'aime et que je lisais bien avant d'être publié par lui – Georges Perec, Harry Mathews, Emmanuel Carrère et René Belletto et bien d'autres – je suis un écrivain P.O.L, mais aussi l'ami de Paul Otchakovsky-Laurens et de celles et ceux qui travaillent avec lui – et donc, avec tous les écrivains maison : Antonie Delebecque, Vibeke Madsen, Thierry Fourreau, Jean-Paul Hirsch.

 Le Choeur des femmes était (en comptant les traductions, qui sont aussi de la littérature) mon dixième livre chez P.O.L, vingt ans après La Vacation. Je n'ai pas fini de publier. J'ai encore beaucoup de livres de littérature à venir. J'en ai deux en travail, en ce moment.

Et j'ai hâte de les terminer : Paul les attend.

Mar(c)tin Winckler

 Montréal, le 4 août 2010