dimanche 7 février 2010

Merci à elles (Exercice d'écriture n°10, 9) - par M.

Merci à la jeune fille qui, pour la première fois, me prit dans ses bras.

Merci à l'adolescente qui, un soir au théâtre, murmura C'était toi.

Merci à la jolie brune qui me proposa un soir de la suivre dans le grenier, et que je n'ai pas osé rejoindre. Merci surtout de ne pas m'avoir fait la gueule le lendemain.

Merci à la desperate housewife qui me prit comme amant à dix-huit ans, alors que je n'avais jamais fait l'amour encore.

Merci à la jolie fille aux taches de rousseur qui, pour me faire comprendre que je lui plaisais, me déclara au bout de cinq minutes qu'elle prenait la pilule.

Merci à la shy girl qui m'accueillit un soir d'été dans sa chambre à l'Université en me disant : « Je t'attendais depuis trois ans. »

Merci à la copine avec qui j'ai vu L'empire des sens et qui, la nuit suivante, m'aida à m'en remettre.

Merci à la femme mince qui fit route avec moi dans le brouillard et tenta de me faire comprendre que m'enterrer à vingt-deux ans était une erreur.

Merci à F., pour m'avoir tant aimé alors que je venais de me marier, et qui m'aime encore, trente ans et trois enfants plus tard.

Merci à celles qui m'ont maintenu la tête hors de l'eau pendant toutes les années où je me noyais.

Merci à P., qui m'a rendu à la vie et m'a aidé à en construire une neuve.

Merci à S., qui m'a prouvé que je pouvais aimer une femme éloignée.

Merci à Clara, querida,
celle que j'espérais,
à son sourire
et à ses yeux
à ses silences
et à ses mots,
à ses murmures
et à sa voix
Clara, Clara, Clara
à qui j'ouvre mes bras.

Merci les gens... (Exercice n°10, 8) - par Zelapin bis

Merci les gens, les gentils, les méchants, les autres aussi / exercice d'écriture n°10
(par zelapin)


Merci Pierre Desproges,
Greg,Jacques Bodoin (qui s'en souvient?)
Gaston Lagaffe et Franquin,
Spirou, Pilote, le Canard Enchainé,
Merci encore et toujours Gotlib,
C'est un vrai bonheur que de vous avoir eus pour éveilleurs d'humour.
(Même si c' était principalement comme lecture aux chiottes.)

Merci Mireille Mathieu, Michèle Torr et Jaïro de n'avoir jamais fait partie de la discothèque familiale,
Mon oreille est plus sûre, mon rythme moins hésitant
De ne vous avoir croisés que chez mes grands-parents,
Dans la petite lucarne, invités de Marithie et Gilbert Carpentier.

Merci aux vagues, au sel, aux dépressions,
Ici et très au sud, dans les Flandres et le froid,
Merci le vent d'avoir poussé mon aile
Et celles des autres avec qui c'était si bon d'être sur l'eau.

Merci à mon petit noyau (qui se reconnaitra)
Si dense, si lourd, si intense
Et si dur, mais tellement là,
Tellement mien, pour toujours. (je vous aime)

Merci les méchants, les cons, les pas sympa,
Grâce à qui je peux définir ce que j'apprécie, ce que je ne veux pas,
Pas être, pas faire, pas penser.
Vous avez autant le droit que moi de vous construire en négatif (mais pas uniquement).

En gros, merci à tout le monde,
Mais faut pas déconner,
Tout le monde n'est pas n'importe qui,
Pas les grands magouilleurs, pas les grands détesteurs,
Pas les spéculateurs, les lèche-bottes, les faux-culs,
Ceux qui ne doutent pas, qui savent d'où vient le monde,
Et où ça finira.

Merci.
Pardon.
S'il vous plait.
Bonjour.
Au revoir.
Adieu (et quand on ne croit pas, à/jenesaispas?).