dimanche 12 mai 2013

Tailleurs pour femmes - par Mireille Podchlebnik


Couture
Fil écriture
Comme une bobine
Se déroule
A petits points
Serrés                                                       
Sur tissus et doublures
A mots mesurés
Sur une page
Feuillets
Envolés
Souvenirs

Couper dans l’épaisseur
des tissus empilés
Les formes dessinées
Autour du patron papier

La craie blanche ou translucide
Sillonne sur rondeurs et creux
Vallées des merveilles
A assembler
                               
En vrac craies usagées
Formes plates
A bords effilés
Dans la boîte à trésors

Ciseaux géants
De couturier
Ciseaux crantés

Devant la machine
A coudre
Le père
Pique et surpique
Dans un mouvement
Répété
Interrompu
Par l’enchevêtrement
Des fils
Qui cassent
Canette vide
A changer

Temps discontinu



Assise contre
la machine à coudre
L’enfant
Regarde
Sa mère
Ajuster
Sur le mannequin
Taille 44
Un manteau
sans manches

Fils de bâti
Blancs épais
Tracent
Poches
Encolure
Emmanchures

Epouvantail citadin

Refaire
Défaire
Parfaire

La petite fille
S’éloigne

Verdict
Le père attend
Observe
Approuve
Souvent s’énerve
Transactions
Tractations
Entre père et mère
Mots mystères
Ton colère
Résonnance
Dans l’espace
Comme un tonnerre

Il prend
L’ouvrage
Nommé « la pièce »
Fournir par semaine
Tant de pièces
Usinage
Pour prêt à porter
Des salons chics
Tailleurs, manteaux
A profusion
Dans la vive saison
En attente
de la morte saison
Temps du
Chômage
Temps des enfants
Et des promenades


La petite fille
Décrypte
les tracés
Modèles annotés
Dessins noirs sur
Pages
Blanches
Punaisées au mur
Le mode d’emploi

Femmes aux postures
De stars

Œuvres d’art
En attente
Essayage
Mesurage

Finition par la mère
courbée
Drapée
De lourds tissus
Comme une reine

Le geste précis
Elle coud doublures
Boutons
Martingales
Cols
Etiquettes
La marque de l’ouvrage
Lettres d’or
Sur fond noir

A sa portée
Bobines
Ciseaux
Epingles
Et la série des
Dés à coudre
Métal contre aiguilles
Entrechocs

Toujours présente
La  radio blanche
Poste à galènes
Essaime
Une musique
feutrée
Et des nouvelles
Graves
Parfois des blagues

Autre regard

La table
De presse
Pattemouilles
Fer lourd métal
Vapeur
Sur le manteau
Poser appuyer
Mais pas trop
Pour ne pas lustrer


Les doublures
En rouleau
Sous la table
Modeste planche
calée
Sur deux tréteaux
Habillée d’une toile de jute
Grise

Tissu fleuri
Comme rideau d’été
Clouée en atour
Pour cacher
Des trésors
A inventer

Sur la tringle
Les manteaux
Bien ordonnés
Prêts à être livrés
Quelques retouches
Parfois
Dernier réglage

Ouvriers à domicile
Tous deux
Tailleurs pour femmes

Père presseur
Mécanicien
Couturier

Mère finisseuse
Couturière
Et fine critique

Les enfants livreurs
Porteurs des fardeaux
A libérer

Héritière
Du passé
Témoin d’un autre âge
Reconstruire
Leur histoire
A mots mesurés
Feuillets
Epars  
Souvenirs volés



Janvier 2013

samedi 4 mai 2013

Le Temps qui Court - Par Virginie D.


(réflexion en rénnings inspirée par un soleil levant sur le Donaukanal, Vienne)

Courir partout : au temps de Tokyo, de Vienne ou de Chicago.
Courir tempo.
Ne courir que rarement, faute de temps.
Courir à temps partiel.
Courir à temps perdu.
Ou courir après le temps. Ce temps qui court. Si vite.

Courir par temps gris, temps incertain ou temps de chien
Courir pour le temps que ça dure.
Courir parce que le temps presse.
Courir pour prendre un temps de repos. Aussi.
Courir pour rattraper le temps perdu.
Courir avec tant d’effort, souvent.

Courir parce que les temps sont durs.
Courir hors du temps.
Courir au temps voulu. Courir de temps en temps.
Courir parce qu’il en est encore temps.
Courir pour tant de raisons.
La plupart du temps : simplement courir.

Courir en prenant son temps. Ou pour améliorer ses temps.
Courir pour défier le temps.
Ou pour se laisser du temps.
Courir pour tuer le temps, ou en gagner.
Trouver le temps de courir
Courir aussi parce qu’il nous reste si peu de temps.

Commencer à courir juste à temps.
Courir le temps d’une vie.
Cours. Attends.
Et moi.
Moi?
Moi je cours, pour arrêter le temps.

mercredi 20 mars 2013

Le métier d'écrire (plan d'un livre en travail)




Quatrième de couverture
« Comment êtes-vous devenu écrivain ? »
« Pourquoi portez-vous un pseudonyme ? »
« Comment écrivez-vous ? »
Au fil des rencontres – dans des librairies ou à la table de signature d'un salon du livre, par lettre ou par courriel, sur mes sites internet ou ma page Facebook – lectrices et lecteurs m'ont posé beaucoup de questions sur le métier d'écrire : des questions personnelles, d’autres plus générales. Parfois, j'avais la réponse toute prête. Le plus souvent, j'ai dû creuser la question. Parfois, j'ai répondu en faisant part de mes propres interrogations de lecteur et d'écrivant. Souvent, j'en ai fait un texte et je l'ai posté en ligne.
Un jour, j'ai eu envie de rassembler les brassées de questions, de réponses, de réflexions et d'en faire des bouquets.
Et un bouquin.


Présentation
Qui etes vous ? 
Pourquoi portez-vous un pseudonyme ?
Est-ce que ça vous perturbe d’avoir deux identités ?
Quel nom utilisez vous et quand ?
Pourquoi signez-vous parfois des deux noms ?

Lectures
Qu'est-ce que vous lisiez avant d'écrire?
Dans quelles langues lisez-vous ?
Où lisez-vous ?
Quels sont vos écrivains modèles ?
Pourquoi aimez-vous les séries télé ?


Se mettre a ecrire
Quand avez vous commencé à écrire ?
Qu'est-ce que vous écriviez ?
Avez-vous tenu un journal ?
Comment avez-vous appris à écrire ?
Quand avez vous eu envie d'avoir des lecteurs ?
Qui ont été vos premiers lecteurs ?

L'autre metier
Comment êtes vous passé de la medecine à l’écriture ?
Est-ce que l'histoire de vos patients se retrouve dans vos livres ?
Est-ce que vous pourriez écrire sur autre chose que la médecine ?
Êtes-vous plutôt médecin ou plutôt écrivain ? Peut-on être les deux en même temps ?
Que pensent vos patients de vos livres ?
Quels écrivains-médecins admirez-vous le plus ?
Pourquoi est-ce que vous en voulez tant aux médecins ?

Comment avez-vous trouvé un editeur ?
Pourquoi publiez vous chez POL ?
Bon mais alors, pourquoi publiez vous ailleurs que chez POL ?
Quelle différence entre les livres que vous publiez chez POL et ceux que vous publiez ailleurs ?
Quelles relations avez-vous avec vos éditeurs en général (et en particulier) ?
Combien de livres avez-vous publié ?         
Pourquoi tant de genres différents ?
Est-ce que vous avez gagné beaucoup d'argent en écrivant ?
Est-ce qu'avoir un autre métier ça aide ou ça rend l'écriture difficile ?

Les autres ecritures
Pourquoi avez-vous fait de la traduction ?
Pourquoi avez-vous fait du journalisme ?
Pourquoi êtes-vous devenu critique de séries télé ?
Qu'est-ce que vous ont apporté ces autres formes d'écrit ? 
Vous qui aimez les séries télé, avez-vous eu envie d'écrire pour la télévision ?

L'Ecriture et les autres
Est-ce que vos livres sont autobiographiques ? 
Parlez-vous de votre famille dans vos livres ?
Parlez-vous de vos patients dans vos livres ? 
Est-ce que vous réglez vos comptes dans vos livres ?
Est-ce que vos enfants lisent vos livres et qu'en pensent-ils ?
Pour qui écrivez-vous ?
Est-ce que le regard des autres compte ?
Quels sont les inconvénients d’être écrivain ?
Quelles relations avez vous avec les autres écrivains ?
Quelle est votre expérience de la presse et des médias ?
Que pensez-vous de la critique littéraire ? Lisez-vous les critiques de vos livres ?
Vous qui avez reçu un prix, que pensez vous des prix littéraires ?
Quelles expériences marquantes (bonnes ou mauvaises) avez-vous vécu en tant qu’écrivain ?
Comment s’est passée l’adaptation de votre roman « La maladie de Sachs » au cinéma ?

Ecriture et engagement
Quels messages voulez-vous faire passer dans vos livres ?
Pourquoi votre site d’informations médicales est-il gratuit ?
Faut-il du courage pour écrire des livres engagés ?
Avez-vous pensé à faire de la politique ?
Que s'est-il passé à France Inter ?
Pourquoi avez-vous quitté la France ?

Les lecteurs
Faites-vous beaucoup de rencontres avec les lecteurs ? Lesquelles préférez vous ?
Avez-vous un site internet à quoi vous sert-il ?
Pourquoi un site internet et un blog ?
Est-ce que vous répondez aux courriers de lecteurs ?
Est-ce qu’on vous reconnaît dans la rue ?

L'ecriture au jour le jour
Comment écrivez-vous ?
Quand écrivez-vous ?
Où écrivez-vous ?
Comment travaillez-vous votre style ?
Combien d'heures écrivez-vous chaque jour ?
A qui faites-vous lire ce que vous écrivez ?
A qui parlez-vous de ce que vous écrivez ?
Qu'est-ce que vous aimeriez écrire ?
Quand vous n'écrivez pas, qu'est-ce que vous faites ?
Pourquoi vos romans se déroulent-ils tous à Tourmens ?
D'où vous viennent vos idées ?
Etiez-vous sur depuis le départ que vous seriez ecrivain ?
Avez-vous été saisi parfois du doute de ne pas réussir a vous faire publier ?
Ecrivez vous des histoires pour plaire ? (choisissez-vous les sujets de vos romans en ayant dans la tête son « positionnement marketing »)
Vous imposez-vous un nombre de pages/chapitres à écrire par jour ?
Notez-vous les anecdotes du quotidien pour les réutiliser ?
Avez-vous besoin de ruptures de rythme pour avancer dans un roman ou au contraire d'un certain train-train?
Relisez-vous vos textes avant d’arriver à la fin ? Ou bien écrivez-vous l’ensemble d’abord pour ensuite revenir sur le texte?
Et le plaisir dans l’écriture ?
Connaissez-vous vos personnages ? (Vous inspirez-vous toujours de personnes que vous connaissez ou bien les créez-vous de toutes pieces ?) Physiquement les visualisez- vous ?
Choisissez-vous d’écrire sur un thème en particulier ou les thèmes que vous abordez s’imposent-ils comme des evidences ?
Comment construisez-vous vos livres ?
Dans quelle langue écrivez-vous ?
Y a-t-il des moments où vous n’avez pas envie d’écrire ?
Quand vous aviez un autre métier, où trouviez vous le temps d’écrire ?
Est-ce que vous faites un plan ?
Que faites-vous quand vous calez ?
Quand savez-vous que vous avez fini ?

Qu'est-ce que vous lisez depuis que vous ecrivez ?

L'ecriture pour tous
Est-ce que tout le monde peut écrire ?
Qu'est-ce qu'un écrivain ? (Et un écrivant ?)
Est-ce qu'on peut apprendre à écrire ?
Que faut-il faire pour écrire ?
Que faut-il faire pour être publié ?
Que fait-on dans les ateliers d'écriture ?
Que fait-on dans les cours de création littéraire ?
Est-ce que vous auriez des exercices à nous conseiller ?
Est-ce que je peux vous envoyer mon manuscrit ?
Quels conseils donneriez-vous a celles et ceux qui ecrivent ?
Par qui est-il bon de se faire relire ?


PS : Si vous avez d'autres questions, posez-les moi dans la zone commentaire, je les inclurai dans le livre. 

Mar(c)tin 

dimanche 3 mars 2013

White Night/Blues Blanc



Climbing down the Old Main at Midnight, homebound
Through the laughing clusters of young partygoers
My eyes caught by the grin of a horse-headed man
While my steps on the snow vanished behind me.

I had read all my lines in the softest warm voice
And received a few words of appreciation
Then spent four hours listening to strangers
Tasting their own sweet share of Timely Search

I had listened and felt and smiled and laughed and sighed
Clapped my hands gladly when they quit stumbling through
But I kept turning back, waiting for the shadow
Of a free-wheeling Vixen coming in and all true

When I left the reading before voices would dry
Stood in the underground, mute among the volumes
Aware I would never get to know the endline
Nor woo the young scholar hiding behind the screen

And now, climbing down Main, strolling between snowflakes
I hovered, full of words and sounds and memories
My heart nearly at peace, neither sad nor wary
Plotting a new fiction of endless love in time.

MWZ
Montreal, March 3, 2013 - 01.15

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Blues Blanc

J'arpentais Saint-Laurent
A minuit, au retour
Parmi les grappes riantes
Des jeunes gens en sortie
Quand mes yeux ont croisé
Un homme à tête de cheval
Et mes pas sur la neige
S'effaçaient derrière moi.

J'avais lu ma partie
De ma voix la plus douce
Et reçu quelques mots
De fine appréciation
Et puis passé quatre heures
Face à des étrangers
Savourant leur morceau
Le temps d'une Recherche

J'ai écouté, senti
Ri, souri, soupiré
Applaudi, gratifié
Quand ils avaient fini
Tournant les yeux sans cesse
Dans l'espoir de saisir
L'ombre d'une Amazone
Apparue à l'entrée

J'ai quitté la lecture
Avant que les voix cessent
Me suis longtemps tenu
Muet parmi les livres
Conscient qu'au grand jamais
Je n'en saurais la fin
Ni ne courtiserais
La jeune femme à l'écran

Et là, sur Saint-Laurent
Evitant les flocons
J'allais, repu de mots
de sons, de souvenirs
Et le cœur presque en paix
Ni triste, ni lassé
Mais en tête une histoire
D'amour intemporel.


MZW
Montréal, 3 mars 2013 - 12.15